Pesah sheni (le 2eme Pesah) tombe le 14 du mois de Iyar :

Ce jour servait de seconde chance, a l’époque du Temple, pour ceux qui ne pouvaient pas célébrer le sacrifice de Pesah en
son temps car ils étaient impurs et ne pouvaient pas approcher et manger le sacrifice de Pesah .
Il est écrit dans la paracha de bamidbar :
L'Éternel parla à Moïse dans le désert de Sinaï, la seconde année de leur sortie du pays d'Egypte, le premier mois, en disant.
"Que les enfants d'Israël fassent la Pâque au temps fixé. 3 C'est le quatorzième jour de ce mois, vers le soir, temps fixé pour
elle, que vous devez la faire; d'après tous ses statuts et toutes ses règles vous l'exécuterez." 4 Moïse parla aux enfants
d'Israël, pour qu'ils fissent la Pâque. 5 Et ils firent la Pâque au premier mois, le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans le
désert de Sinaï; exactement comme l'Éternel l'avait prescrit à Moïse, ainsi firent les enfants d'Israël. 6 Or, il y eut des hommes
qui se trouvaient souillés par des cadavres humains, et qui ne purent faire la Pâque ce jour-là. Ils se présentèrent devant
Moïse et devant Aaron, ce même jour, 7 et ces hommes lui dirent: "Nous sommes souillés par des cadavres humains; mais
pourquoi serions-nous privés d'offrir le sacrifice du Seigneur en son temps, seuls entre les enfants d'Israël?" 8 Moïse leur
répondit: "Attendez que j'apprenne ce que l'Éternel statuera à votre égard." 9 Et l'Éternel parla à Moïse en ces termes: 10
"Parle ainsi aux enfants d'Israël: Si quelqu'un se trouve souillé par un cadavre, ou sur une route éloignée, parmi vous ou vos
descendants, et qu'il veuille faire la Pâque en l'honneur de l'Éternel, 11 c'est au deuxième mois, le quatorzième jour, vers le
soir, qu'ils la feront; ils la mangeront avec des azymes et des herbes amères, 12 n'en laisseront rien pour le lendemain, et
n'en briseront pas un seul os: ils suivront, à son égard, tout le rite de la Pâque.

La force du retour

Le rabbi précédent Rabbi Yossef ytzhak  nous dit a ce sujet que pesah sheni nous enseigne qu’i l n’est jamais trop tard pour
rectifier un passé échoué, même si quelqu’un n’a pas réussi a accomplir une mission dans sa vie et il est devenu impur au
contact d’un mort ou bien qu’il était loin de chez lui ou bien loin de D-ieu , il y a toujours le 2eme pesah, il y a toujours la 2eme
chance ou il peut corriger son echec.
Le 2eme pesah représente la force de la techouva : la force du retour.
La techouva c’est plus fort que la repentance, plus fort que le fait de tourner une page et plus fort que le pardon des fautes
que nous avons fait dans le passé.
La force de la techouva est de retourner dans son passé et rectifier ce que nous avons échoués dans notre mission.
Renverser l’échec passé en mission accomplie.
La techouva est réussie quand une action négative ou une expérience négative atteint  un sens qui transforme sa  
signification.
Par exemple quand une personne est en contact avec un mort, cela lui donne une envie de vivre qui n’aurait jamais eu lieu s’
il n’avait pas eu cette expérience ou bien quand il est loin de chez lui il une grande envie de retourner chez lui qu’il n’aurait
jamais eu si il n’était pas loin.
Ces expériences du passé sont paradoxalement le tremplin pour atteindre leur opposé : le contact avec le mort se transforme
en une envie de vivre et d’être loin de chez lui le rapproche plus de chez lui.

Au dessus de la torah

Cela nous explique les circonstances pourquoi le 2eme pesah est devenu une partie de la torah
Pratiquement toute les mitzvots de la torah, inclues les mitzvots qui sont rares et qui viennent par des circonstances
soudaines, ont étaient ordonnées par D-ieu a Moise.
La loi du 2eme pesah est une loi rare qui a été instaurée par une pétition d’individuels.
Cette loi a été instaurée car des individuels ont protestés en disant : pourquoi serions nous désavantager ?
La question se pose pourquoi la torah initialement n’a pas prévu la loi du 2eme pesah dans les lois de pesah ?
La réponse est que le sujet de techouva ne pouvait pas être établi par les conduits des lois initiales de la torah.
La torah est l’expression de la divinité a travers les 613 commandements et interdictions. C’est un code de lois, une
constitution qui décrit la volonté de D-ieu, ce qu’Il nous permet de faire ou ne nous permet pas de faire.
‘On demanda a La chochma, intelligence  quelle est la punition pour un pécheur ; elle répondit: le mal poursuivra le pécheur
On demanda à la prophétie : quelle est la punition du pécheur elle répondit l’âme devra mourir.
On demanda a la torah, elle répondit : qu’il amène un sacrifice de chatat et il sera pardonné.
On demanda à D-ieu et D-ieu répondit qu’il fasse techouva et il sera pardonné.’
Effectivement la torah propose une solution pour être pardonné mais on ne peut pas échapper au fait qu’une personne a
fauté.
La torah peut a la limite pardonner la personne et la reconnecter a la source de vie. Mais la torah ne peut pas transformer la
négativité du péché et la personne était a un certain point effectivement déconnecté de la divinité.
Par ce fait, le 2eme pesah, qui lui, permet a une personne de transcender le temps et de célébrer pesah comme si c’était la
première fois, donc permet de transformer la négativité en positif ne peut pas marcher avec la logique de la torah. Il a fallu un
groupe de personnes qui étaient impures et souffraient dans une route lointaine, pour extraire le cadeau de la techouva de la
part du Tout puissant.
Leurs pleurs,- pourquoi devons nous être désavantagés ?- ont exprimé une soif d’attachement a D-ieu, provenue justement
par leur éloignement. Cela a redéfini la volonté de D-ieu qu’il y avait dans la torah et D-ieu leur a donné la possibilité de
transformer le passé avec un 2eme pesah.

Une vie instantanée

Un des principes de la chasidout est que toute la divinité, toute la conscience divine depuis la loi la plus simple et technique
jusqu'au passage le plus ésotérique de la Kabala est en fait une seule torah. La torah peut avoir un corps et une âme mais
tout cela constitue un seul organisme comme un corps humain qui est composé d’un corps et d’une âme : ‘l’âme est le côté
spirituel de l’organisme et les membres définissent le côté matériel du corps.’
Chaque aspect matériel des lois  a sa correspondance spirituelle.
De la même façon dans les lois du 1er et du 2eme pesah.
Dans le traité pesahim du talmud il y a une multitude de lois concernant les lois du sacrifice de pesah. Les lois s’appliquent d’
une façon égale aux deux pesah mais il y a des différences majeures entre les deux pesah.

                  1) Le premier pesah est fêté par le tzadik dans toutes ces lois et le 2eme pesah est célébré par le baal techouva.
                   2) Le premier pesah est suivi par 7 jours de fête et pesah sheni est fêté seulement un jour.
7 jours représentent la routine, un processus, une cycle naturel d’action, 6 jours de travail et un jour de repos qui représente
une vie équilibrée et qui symbolise la réalité.
L’homme possède 7 émotions ( l’amour , la crainte, l’harmonie, l’ambition, la loyauté, la connexion, et l’accessibilité)  qui
reflètent les 7 attributs divins que D-ieu a investit dans les 7 jours de création.
De la même façon, les 7 jours de pesah, étape par étape, représentent le travail du tzadik, l’individu qui construit sa relation
avec D-ieu  et va accomplir sa mission en fonction du plan que la torah a donné .
Par contre le baal techouva, celui qui est sorti du chemin que la torah a dessiné, revient par une soif pour la vie par le fait
même qu’il a marché dans un désert mortel et qu’ il a eu contact avec la mort
Le talmud raconte l’histoire de elazar ben durdaya qui avait fait tous les péchés possibles et inimaginables. Une fois, quelqu’
un dit sur lui qu’il ne pourra jamais faire techouva
Il fut tellement secoué par cette phrase que cela a  atteint le plus profond de son âme, il plaça sa tête entre ces genoux et
pleura jusqu'à que son âme quitta son corps.
Après avoir entendu cette histoire Rabbi yehouda hanassi  a pleuré et a dit :’Il y a ceux qui acquièrent leur monde avec
plusieurs années et il y a ceux qui l’acquièrent en un instant.’

L’essence de la techouva s’atteint en une fraction de seconde, c’est un flash de regret et de résolution. Il y a ceux qui
acquièrent leur monde en plusieurs années de travail, comme les tzadikims qui construisent leur monde brique par brique
avec des outils conventionnels, et il y a ceux qui acquièrent leur monde en un seul tournant, ce seul instant remodèlera leur
future et redéfinira leurs passé.
Pas tous les baals techouva arrivent a accomplir ce que eleazar ben durdaya a fait c'est-à-dire une transformation
instantanée. Mais le 2eme pesah est une seule journée pour exprimer la nature de la techouva, non pas le travail
conventionnel et la vie progressive d’un tzadik  mais le baal techouva fait un bond d’un extrême a l’autre.

Une autre différence halachique  entre le 1er pesah et le 2eme c’est le levain.
                                 3) Le 1er pesah c’est la chasse au levain: on ne garde aucune miette, non seulement nous ne pouvons
pas en manger mais aussi nous ne pouvons pas en posséder.
Par contre le 2eme pesah nous n’avons pas besoin de chasser le chametz mais nous mangeons la matza et le chametz en
même temps et nous en possédons.
En hassidout, nous expliquons la signification du levain pendant pesach, c'est-à-dire la pâte qui a levée, cela représente l’ego
de l’être humain qui se gonfle.
Le levain doit être éradiqué complètement   de notre propriété car un ego gonflé est la source du mal. Toute la torah est
basée sur le principe qu’il n’y a pas un autre que Lui, que D-ieu est la réalité absolue, que tout ce qui existe dépend
seulement de lui, c’est lui qui fait vivre a chaque instant le monde et chaque particule du monde, il fait vivre et exister chaque
créature dans le monde .
Celui qui se prend pour une existence propre  rejette toute la torah.
Le monde du tzadik consiste de deux sphères, ce qui est permis et ce qui est interdit, de ce qu’il développe et de ce qu’il
rejette.
Les 248 mitzvots positives, il les utilisent pour le service de D-ieu et les 365 commendements negatifs sont des outils qui n’ont
pas la capacité d’être utilisée pour servir D-ieu , donc elles sont en dehors de ses limites : tout ce qui est levain donc ego n’a
pas de place dans sa vie.
Un baal techouva, lui a marché dans le territoire interdit et maintenant il exploite les expériences négatives et les éléments
négatifs pour accomplir sa mission dans la divinité.
Dans sa maison, le pain et la matza résident en même temps, ce qui est au dessus de toute compréhension du  1er pesah.
Cela même est la structure de la personnalité du baal techouva dans le service de D-ieu.

Le talmud cite une discussion entre sages au sujet du statut de 2eme pesah ‘
Il y a ceux qui disent que c’est une fête en elle-même et d’autres disent que c’est une continuité du premier, une 2eme
chance pour ceux qui ont manqués l’opportunité de célébrer le 1er.
Par exemple si quelqu’un devient bar mitzva pendant le mois entre les 2 pesah ou bien un juif qui se convertit pendant cette
periode , la question se pose est ce qu’ils vont pouvoir amener un sacrifice de pesah le second pesah ?
Si le 2eme pesah est défini comme un rattrapage du 1er pesah alors le 2eme pesah devra être fêté que par les gens qui n’
ont pas pu accomplir le 1er pesah (donc qui auraient du le faire mais pas comme le converti ou le nouveau bar mistva qui
sont tous les deux non concernes par le 1er pesah)
Par conséquent le nouveau bar mitzva ou le nouveau juif n’auront pas besoin d’accomplir le 2eme pesah mais si nous
considérons la fête de pesah sheni une fête en elle-même, alors tout ceux qui n’ont pas pu célébrer le 1er pesah pourront
effectivement célébrer le 2eme pesah.

Pour pouvoir établir la loi (halacha) nous devons nous baser sur la vie matérielle dans laquelle nous faisons ces lois.(la partie
de la torah que l’on a compare avec le niveau du  corps dans l’organisme ). Pour ce niveau, la techouva est en fait le résultat
d’avoir fait une faute dans son sens simple du terme . Donc le tzadik et le baal techouva sont differents. L’un n’a jamais
transgressé la volonté divine et ne pourra pas expérimenter le niveau du baal techouva et sa soif de D-ieu.
Donc pour ce niveau il est de conclure que le 2eme pesah est seulement le rattrapage du 1er pesah et donc qu’il faut avoir
échoué le 1er pesah.
Pourtant, il y a une techouva plus universelle, l’essence de la techouva étant la force du retour  au passé dans un état
parfait  motivé par l’état présent déficient.
En général , nous considérons l’âme d’un tzadik sans péché parfaite dans sa relation avec D-ieu et donc sans possibilité (ni
besoin) de faire teshouva .
Mais en vérité, le fait que l’âme est descendue dans un corps matériel et est  rentrée dans les cycles de besoins du corps
cela même est une descente de l’âme.
Maintenant l’âme doit percevoir D-ieu seulement a travers un corps qui lui impose certaines limites et donc réduit sa qualité
de perception de D-ieu.
A ce niveau (niveau de l’âme de l’organisme) le sujet de techouva permet de pouvoir ressentir une soif d’atteindre sa
résidence (D-ieu) car même le tzadik peut se sentir loin de chez lui et donc le 2eme pesah est une fête en elle-même  qui
offre la possibilité d’une techouva qui n’est pas seulement liée avec un péché physique mais une opportunité d’exploiter le fait
que ce monde matériel nous éloigne de notre but et par cet obstacle nous pourrons avoir une plus grande connexion.